Dimanche 28 juin 2009

Elle survivait depuis plusieurs siècles dans un taillis, abandonnée et oubliée de tous, sur les rives de la Rance. Alors qu’on s’attendait à la trouver dans le sud-ouest de la France, les recherches avaient été abandonnées depuis longtemps…Entre-temps, le bambin avait grandi, il avait fait carrière et ne se souciait plus de savoir où se trouvait sa génitrice.

Tels auraient pu être le tire et le chapeau d’un article de votre quotidien préféré pour narrer cette histoire invraisemblable !

Elle commence en 1996, avec la découverte d’un vieux cep de vigne à l’intérieur d’un taillis inextricable quelque part à St Suliac, sur les bords de la Rance[1]. Là où beaucoup n’auraient même pas vu la plante, d’autres un peu plus attentifs auraient noté sa présence incongrue ; deux hommes encore plus curieux et surtout, informé de l’existence de la vigne sur le secteur en des temps reculés, prélevèrent un rameau et le confièrent à un laboratoire de l’INRA de Montpellier, spécialisé dans l’identification des cépages. Jean-Yves Hugues et François-Xavier Perrin sont membres de l’association qui a reconstitué une vigne sur le site du Mont Garot. Après une analyse génétique, le laboratoire constata que le cépage était une variété de vigne cultivée et qu’elle n’était pas présente dans ses collections. Le cépage en question était donc inconnu.

Quelques années passent et, à la faveur de missions d’explorations des vignobles de France, menées entre 2004 et 2007 par le Conservatoire du Vignoble Charentais et l’Institut Rural d’Education et d’Orientation des Charentes visant à répertorier de manière rigoureuse le patrimoine viticole de cette région, 4 plants présentant la même signature génétique que celui de St-Suliac sont découverts sur le territoire des communes de Mainxe, Figers, Tanzac et Saint-Savinien. Dans tous les cas, il s’agit de treilles installées sur la façade de maisons situées dans le vignoble de Cognac, fournissant un raisin noir consommé comme raisin de table. Localement, on l’appelle la Madeleine en raison de son époque de maturité : autour du 22 juillet, fête de Sainte Madeleine. Mais Madeleine est un nom courant en ampélographie puisque 6 cépages, tous blancs, portent déjà ce prénom qui est inclus dans leur dénomination et pour la même raison qu’en Charente, la précocité de leur maturité[2]. Pour la différencier des autres variétés, celle-là s’appellera donc la Magdeleine noire des Charentes, puisqu’il s’agit en effet d’un cépage noir.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, elle n’aurait déjà pas été triviale puisque, dans une région aussi peu viticole que l’est actuellement la Bretagne septentrionale, on y a trouvé un cépage inconnu des scientifiques et que, des découvertes ultérieures établissaient un lien entre la Saintonge viticole et la Bretagne viticole, mais une zone de la Bretagne viticole qui ne cultivait plus la vigne depuis au moins 2 siècles !

L’histoire s’est poursuivie de la manière suivante : Dans un travail mené en coopération avec l’université de Californie, les chercheurs de l’INRA de Montpellier ont établi que la Magdeleine noire des Charentes est l’un des parents du Merlot, le plus bourguignon des cépages bordelais[3], le cépage-roi de Petrus, dont on ignorait l’ascendance. Ce cépage qui a conquis le monde puisqu’il est l’un des plus répandus sur le globe, n’est donc plus considéré comme orphelin ; il descend du cabernet franc qui en était le père, mais on ignorait qui était la mère. La filiation est maintenant établie : Merlot est un petit du cabernet franc et de la Magdeleine noire des Charentes.

Mais au-delà de la narration stricte, plusieurs questions se posent. Si l’on admet que la région d’origine de la Madeleine noire des Charentes est bien la Saintonge, pourquoi retrouve-t-on un plant de ce cépage, manifestement fort ancien et âgé, à Saint-Suliac ? Bien sûr, les échanges commerciaux du port de Saint-Malo tout proche ouvrent des pistes de recherches, il suffit maintenant de les entreprendre !...

Autre interrogation : alors que tout laisse à penser que les cépages implantés dans le val de Rance, cépages sur lesquels on dispose de bien peu de données, fournissaient des raisins blancs issus de cépages blancs comme c’était le cas de la partie la plus septentrionale de la France, voilà qu’en ce début de XXIe siècle, on trouve trace d’un cépage noir !…Le lieu de sa découverte exclut totalement qu’il ait pu être élevé en treille contre le mur d’une maison, comme en Saintonge et l’extrême proximité avec d’anciennes parcelles de vigne évoque plutôt la culture d’un cépage de cuve.

Une autre question vient spontanément à l’esprit : quel est l’âge de ce cep ? Dans l’état actuel des connaissances, les chercheurs en biologie végétale ne peuvent pas répondre à cette question. La vigne est une liane sur laquelle on ne peut pas effectuer d’analyse chronodendrologique comme sur un arbre (on compte les cernes de croissance sur une coupe). Une datation au radiocarbone ne serait pas pertinente non plus car rien ne prouve que le plant actuel ne soit pas un rejet d’un plant plus ancien ; la vigne est une plante vivace dont la capacité à survivre dépasse sans doute l’âge du plant actuel. La réponse, si elle existe, est plus sûrement dans les archives des divers fonds patrimoniaux publics ou privés.

Au plan strictement ampélographique, on peut aussi s’étonner que l’un des parents du merlot, cépage de cuve et non des moins prestigieux, s’apparente à un cépage de table à en juger par les premières informations. C’est méconnaître la logique de la génétique dont les lois ne sont pas celle du simple bon sens populaire. Que l’on songe, pour s’en persuader, qu’un autre cépage qui a fait une carrière internationale, le chardonnay, est issu du croisement du pinot noir et du gouais, ce dernier n’est plus cultivé et pour cause ! Très productif, il donnait en abondance des vins blancs auquel il est difficile de trouver une qualité autre que sa prodigalité. Il demeure qu’il a engendré le chardonnay et d’autres cépages nobles qui, comme pour l’espèce humaine, descendent tous des roturiers.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des détails, je crois utile de souligner qu’à l’origine du travail scientifique qui a permis aux chercheurs de l’I.N.R.A. de Montpellier d’identifier l’un des parents du merlot, il y a la découverte d’un plant de vigne, incongru par son implantation, faite par un adhérent de l’Association pour le renouveau des vins bretons. Ce travail qui a été publié dans une revue de viticulture anglo-saxonne[4], mentionne l’origine de la découverte du cépage. Les services de l’état (l’I.N.R.A. est un établissement public) ont donc tiré bénéfice de l’existence de l’association et il serait sain et équitable que les pouvoirs publics lui reconnaissent une fonction culturelle et n’y voient plus seulement un nid de fraudeurs plantant de la vigne au mépris des lois et règlements.

Guy Saindrenan


 



[1] Contrairement à ce que pensait l’inventeur, il ne s’agit pas d’une lambrusque, ce mot désignant une vigne sauvage. Il s’agit d’un cep d’une variété de vigne cultivée.

[2] Madeleine angevine, Madeleine Angevine Oberlin, Madeleine royale, Madeleine Céline, Madeleine de Clermont, Madeleine Salomon.

[3] En accord avec Anne Sylvestre, je proclame volontiers :

Que Bordeaux me pardonne,

j’appartiens au Bourgogne,

en lui cuve mon cœur…

[4] J.M. Boursicot, T. Lacombe, V. Laucou, S. Julliard, F.X. Perrin, N. Lanier, D. Legrand, C. Meredith, P. This, Parentage of merlot and related winegrape cultivars of southwestern France : discovery of the missing link, Australian Journal of grape and wine research, 2008, p. 1.

Par ARVB
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Vendredi 11 juillet 2008

UTILISATION DU CUIVRE EN VITICULTURE : IMPACT SUR LES SOLS
ET RECHERCHE DE MÉTHODES DE RÉDUCTION DES DOSES
ET D’ALTERNATIVES A SON UTILISATION
(Dossier n°02/21-AB : Raisonnement de l’usage du cuivre en AB)

ICTA pilote : ITAB
ICTA associés : ITV, CTIFL
Partenaires : INRA Bordeaux, Dijon, Avignon
Responsable de l’étude : Monique JONIS – ITAB

Article dans sa totalité : http://www.acta.asso.fr/cr/cr0221.htm

Proposition de réflexion Pierre GUIGUI

OBJECTIFS
Ce programme a été élaboré grâce à l’association des compétences de l’INRA et de plusieurs ICTA, sur une problématique commune à plusieurs espèces (vigne, pêcher, pommier, tomate) : l’usage du cuivre et ses conséquences en agriculture biologique. Il a pour objectif de proposer des réponses à court et moyen terme, sur deux plans différents. Un plan réglementaire avec une obligation de réduction des apports de cuivre métal à 6 kg/ha/an à brève échéance et un plan environnemental : il paraît en effet difficile à une agriculture qui se veut écologique et durable de maintenir l’usage de produits dont on connaît à terme la nocivité sur les sols et sur la vie qui s’y développe.

Au vu de l’importance prépondérante du cuivre pour la maîtrise d’un très grand nombre de pathogènes (très large spectre d’action) en agriculture biologique, trois types d’approches du problème sont proposés dans ce programme :
- la première concerne les sols et les moyens d’évaluer et de maîtriser les impacts non intentionnels du cuivre sur la biocénose ;
- la seconde vise à optimiser les produits et techniques actuellement utilisés afin de réduire les doses apportées 
- la dernière approche est plus prospective puisqu’elle a pour but d’identifier des produits ou des techniques alternatifs à l’usage du cuivre

 

MOTIVATIONS
Le cuivre est un fongicide très largement utilisé en agriculture biologique (c’est un des rares a être autorisé avec le soufre) pour lutter contre de très nombreux agents pathogènes, cependant en raison de son accumulation dans les couches superficielles du sol, il présente, à long terme, une toxicité pour les micro-organismes du sol. En raison d’un durcissement de la réglementation concernant son usage (limitation à 6 kg/ha/an en 2006), la protection des cultures biologiques contre les pathogènes risque de devenir rapidement très problématique. La recherche d’alternative au cuivre est donc une des priorités de la recherche en agriculture biologique.

Mildiou de la vigne : réduire les doses en optimisant les apports. Etude de la lessivabilité des produits cupriques.
Les conditions météorologiques n’ont pas été favorables en 2002 au développement du mildiou pour le bonheur des producteurs mais pas celui des expérimentateurs ! L’essai a donc été renouvelé en 2003 dans des conditions plus précoces d’inoculation et de développement de la maladie. En effet, le maintien des plants en pots pendant toute la saison estivale a favorisé un vieillissement des feuilles qui ont été moins réceptives au mildiou durant l’automne, peu de jeunes feuilles s’étant développées pendant l’été. Toutefois, ce premier essai a permis quand même de mettre en évidence que de faibles doses de cuivre ne sont pas entièrement lessivées après 13 mm de pluie.

Résultats 2003
Le cumul de pluie reste le principal facteur explicatif du lessivage des produits cupriques étudiés (Héliocuivre et BB RSR Dispers) et donc le seul critère de renouvellement ou non d’une protection cuprique.
Les autres critères étudiés, répartition des pluies pour un même cumul, intensité de la pluie ou délai entre traitement et pluie se révèlent sans effet sur le lessivage.
A dose égale l’Héliocuivre est, légèrement, plus résistant au lessivage que la BB RSR Dispers.
Les 5 premiers mm de pluie sont ceux générant le plus de pertes, le taux de lessivage diminuant très rapidement au-delà. Environ 40% de la dose initiale restent non lessivables y compris après 50 mm de pluie.
La perte de cuivre est de nature hyperbolique. La majeure partie du cuivre étant trop rapidement solubilisée, la mise au point de formulations libérant beaucoup plus progressivement le cuivre est à privilégier.
La modélisation du lessivage de l’Héliocuivre permet de penser que le seuil de renouvellement est de 15 à 20 mm pour la dose de 1.5 l/ha mais l’absence de mildiou en 2003 n’a pas permis une validation dans la pratique.
Les résultats obtenus, semblent suivre un gradient conditionné par la dose de renouvellement. Ainsi, quelle que soit la dose initiale, elle n’a plus d’effet après les lessivages.
Il est possible de réduire la dose de traitement initial tout en conservant une bonne efficacité, à condition que le traitement de renouvellement soit bien concentré.
Ainsi, la concentration 400/400 est aussi efficace que la 600/600, tout en réduisant de 400 g par traitements le cuivre apporté dans l’environnement. Sur une année moyenne (sur une base de 6 traitements), cela représente quand même plus de deux kg de cuivre par hectare d’économisés.
Sur une année de pression moyenne, où 6 traitements sont suffisants, cela permet de respecter la réglementation (4 800 g < 6 000 g), alors que des apports 600/600 n’y parviennent pas (7 200 g > 6 000 g).
En outre, on s’aperçoit qu’ici, même le traitement de référence n’assure pas une protection optimale. Ceci est dû à la très forte pression entretenue dans les conditions de l’essai, et qu’on a très peu de chances de retrouver en conditions naturelles de culture.

 

 

Par Pierre GUIGUI - Publié dans : conseils techniques
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Vendredi 11 juillet 2008

Calendrier des traitements et travaux. (auteur Pierre Guigui)

 

Mois

Stade

Travaux

Traitement

Janvier

Dormance

 

 

Février

Taille

 

Mars

Taille

Déduttage

Labour

Désherbage

 

Avril

Débourement

Binage

Ebourgeonnage

Traitement anti parasitaire

Mai

 

Palissage

Traitement anti parasitaire

Juin

Floraison

Nouaison

Palissage

Effeuillage

Epampgrage

Traitement anti parasitaire (soufre et cuivre ou traitement total)

Juillet

 

Rogne

Traitement anti parasitaire

Aout

Véraison

Maturation

Aoutement

Vendange en vert

Traitement anti parasitaire

Septembre

Vendange

 

Octobre

Reserve et preparation de la dormance

Vendange

Buttage

 

Novembre

Dormance

Buttage

 

Decembre

 

 



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Vendredi 11 juillet 2008

Hybrides producteurs directs (HPD) proposés pour la Bretagne

Les hybrides producteurs directs sont des croisements destinés à travailler la vigne comme avant le phylloxera : pas de greffe et multiplication par simple bouturage. Dans les années 30, face à des scandales de vins frelatés avec de l'alcool toxique, des analyses ont permis de constater la présence d'une quantité significative de méthanol dans les vins issus de cépages américains. Ils ont été rapidement interdits : noah, clinton, isabelle, herbemont, jacquez...Dans les années 50, face à la crise (excédent de production), les cépages hybrides producteurs directs ont été classés "autorisés" en France. Leur plantation est possible, mais avec amputation de 30 % des droits de plantation. Les plantations ont cessé et le vignoble s'est réduit au fur et à mesure du vieillissement des parcelles et de leur replantation en cépages européens greffés. (source wikipedia).

Le nouveau règlement vin du 29 avril 2008 n'interdit pas les hybrides entre Vitis vinifera et autres Vitis à l'exception de quelques uns comme le Noah. Voir liste ci après.

Nous recommandons particulièrement en rouge l’Oberlin, mais surtout le Maréchal Foch un peu plus sensible à l’oïdium mais dont les résultats, plutôt qualitatifs, sont déjà prouvés sur une vigne produite en Bretagne chez Jean Donnio.

Pour les blancs nous recommandons le Rayon d’Or d’une très bonne qualité gustative (déjà dégusté à plusieurs reprises) et particulièrement résistant et d’une précocité adaptée à la Bretagne.

Les HPD permettent de se démarquer d’une production relativement uniformisée (toujours mêmes types de cépages d’un continent à l’autre). Par ailleurs, ils sont résistants aux maladies et permettent de limiter les traitements. Ils sont pour certains mieux adaptés au climat breton.

Cépages Noirs

  • Maréchal Foch

- Aptitude de production : cépage précoce, il est assez résistant au mildiou mais il craint l'oidium.

- Type de vin et arôme : produit un vin très aromatique, de couleur sombre, corsé, et vieillissant bien. Il présente toute une gamme d'arômes tels le pruneau cuit, les fruits noirs, le champignon, le caoutchouc, le cèdre et la matière terreuse.

  • Oberlin

- Aptitudes de production : il faut le tailler long pour avoir une bonne récolte. Résiste assez bien au mildiou et à l'oïdium. Maturité précoce.
- Raisin de Table :
donne un vin très coloré, alcoolique, riche en extrait sec à goût résineux.

  • Chambourcin

- Aptitudes de production : débourrement précoce. Très vigoureux avec un port étalé. C'est un gros producteur qu'il faut limiter dans sa production, mais coulard toutefois les premières années de sa plantation par excès de vigueur. Sensible à la sécheresse, il résiste bien aux maladies et aux gelées. Egalement sensible à la carence magnésienne en début d'installation. Craint la chlorose et doit donc être greffé en présence de sols calcaires. Maturité 1ère époque tardive.
- Type de vin : donne un vin riche en couleur, alcoolique, à goût herbacé et parfumé et demandant à vieillir.

  • Colobel

- Aptitudes de production : port érigé, de vigueur moyenne et assez productif. Il résiste assez bien au mildiou mais il est sensible à l'érinose et à l'anthracnose. Maturité deuxième époque.
- Type de vin et arômes :
donne un vin coloré, épais, astringent et amer. Il servait principalement pour couper d'autres vins plus légers.

  • Landal

- Aptitudes de production : débourrement moyen. Vigoureux et fertile. Sensible au phylloxera, peu résistant au mildiou, il demande un à deux soufrages pour traiter contre l'oïdium. Sensible également au grillage des feuilles. Maturité première époque tardive.
- Type de vin et arômes :
donne un vin d'une très belle couleur, alcoolique, avec une saveur framboisée, comparable à celui produit par sa mère le 5 455 Seibel.

  • Seinoir

- Aptitudes de production : débourrement moyen. Sa vigueur est également moyenne. Il est résistant à l'oïdium, sensible au mildiou et à la pourriture grise. Maturité première époque tardive.
- Type de vin et arômes :
donne un vin coloré, rouge violacé, au goût peu agréable.

 

Cépages Blancs

  • Rayon d'or

- Aptitudes de production : débourrement tardif. Bon producteur et régulier, après des gelées de printemps sa remise à fruits est bonne. Résiste au mildiou, au black-rot, à l'oïdium et au phylloxera. Craint l'anthracnose. Maturité première époque.
- Type de vin et arômes :
donne un vin avec une odeur éthérée, à saveur sauvage et un léger goût framboisé s'atténuant un peu lorsque les raisins sont atteints par la pourriture grise.

  • Seyval

- Aptitudes de production : débourrement précoce. Assez vigoureux et productif, s'épuisant très vite si on y prend pas garde. Résistance moyenne à bonne au mildiou et à l'oïdium. Craint quelque peu la pourriture grise. Maturité 1ère époque.
- Type de vin : donne un vin blanc sec vif, légèrement fruité, avec une belle fraîcheur.
Arômes de agrumes, kiwi, ... .

  • Ravat

- Aptitudes de production : petit producteur. Il est peu résistant au phylloxera. Peu sensible au mildiou, sensible toutefois à l'oïdium et à la pourriture grise. Egalement sensible au grillage des feuilles et de ce fait, il est préférable de le traiter au moins une fois avec un produit à base de cuivre. Maturité première époque.
- Type de vin et arômes :
donne un vin alcoolique, parfumé, pommadé, se madérisant rapidement.


Synthèse et recherche Pierre Guigui

Avec le Concours de Patrice BERSAC Président de France Vignes et du site la vigne et le vin http://www.vitis.org/index.html


Conseil de taille : http://www.plantdevigne.com

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Vendredi 11 juillet 2008

L’affaire aurait pu rester en terre bretonne et ne jamais en sortir. Qui eut su que l’on produisait du vin en Bretagne ?  Jean Donnio (Côtes d’Armor) est celui par qui la nouvelle s’est répandue. En 1990, il décide de planter  600 pieds d'hybrides le Maréchal Foch. L’administration lui accorde verbalement l’autorisation. Et il y va.  Noir et précoce, le raisin est assez résistant au mildiou, moins à l’oïdium, et donne un vin de couleur sombre, très aromatique, corsé, et vieillissant bien. Le vigneron note la présence de toute une gamme d'arômes tels le pruneau cuit, les fruits noirs, le champignon, le caoutchouc, le cèdre et la matière terreuse.

Trop zélé, il demande en 2007  une nouvelle autorisation. Mais cette fois, la D.D.I de Nantes change d’attitude. Après lui avoir demandé d’arracher finalement elle lui intime l’ordre de distiller, à ses frais, sa production de vin, puis « l’infraction » (de plantation) n’ayant pas été constatée dans un délai de 10 ans » il est autorisé à garder ses vignes.

Saisie de l’affaire, l’association des vignerons bretons qui s’est créée il y a trois ans sous l’impulsion de Pierre Guigui, Laurence Zigliara, Gérard Alle, Jean Michel Kerboeuf et Chantal Failler n’entend pas en rester là. Car pour toutes nouvelles plantations l’antériorité de l’infraction ne pourra pas jouer. Lors de leur dernière assemblée générale, le 26 avril 2008, les défenseurs des vins bretons  ont affirmé « A l’instar de l’association des Vignerons Franciliens, nous souhaitons voir  instaurer une tolérance pour les vignes bretonnes aux mêmes conditions et nous déclarons nos vignes à vocations pédagogiques, culturelles touristiques et historiques en nous engageant à ne pas vendre notre vin ».

Les Bretons dont la production reste quasiment « potagère » souhaitent avec, entre autres et pas exclusivement, les cépages hybrides  producteurs directs (HPD*) se démarquer d’une production uniformisée d’un continent à l’autre par de mêmes cépages offrant des vins sans identité (*les HPD sont des croisements permettant pour certains d’être plus résistants aux maladies et de réduire les traitements chimiques de synthèse). La réglementation française encadre cette famille de cépages qui  depuis les années 50, face au risque de surproduction, a été classée "autorisée" en France. Leur plantation est possible, mais avec amputation de 30 % des droits de plantation. Au fil du temps, ils ont peu à peu disparu.  Il s’agit donc d’une renaissance portée par une jeune association bien décidée à faire vivre des vins bretons à forte identité régionale.  Planté par les Romains, le vignoble breton existait déjà au 3ème siècle ! 

Par ARVB - Publié dans : Sujet de Saison
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