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Samedi 26 février 2011 6 26 /02 /Fév /2011 14:32

Affiche3-VINS-BRETONS2011

DEGEMER MAT TOUT AN DUD  !

 

BIENVENUE TOUT LE MONDE !

 

Le samedi 23 Avril 2011, invitée par nos amis quimpérois du Coteau du Braden, se réunira l'Association pour le Renouveau des Vins Bretons pour son assemblée générale annuelle. Cette réunion aura lieu à la salle polyvalente proche du centre commercial du Braden et de la Mairie Annexe Ergué Armel. Nous serons heureux de vous accueillir dès 9 heures. Cette réunion est ouverte à toutes et tous, adhérents ou sympathisants. Nous vous proposerons une conférence sur l'histoire de la vigne en Bretagne animée par Guy Saindrenan, des échanges avec Emmanuel Monteau conseiller viticole indépendant, une dégustation des vins bretons, une visite des vignes et du chais du coteau du Braden. Le droit d'accès aux conférences est 5 euros. Un repas sur place (17 euros) sera possible en vous inscrivant au préalable soit par mail à vigneronsbretons@hotmail.fr, soit par courrier à A.R.V.B. 2, allée Richard Wagner 35000 Rennes, soit par téléphone au 06 08 88 50 13.

 

 

 

 

Le programme :

 

-           Conférence sur l’histoire de la vigne en Bretagne animée par Guy Saindrenan

-           Echanges avec Emmanuel Monteau ,conseiller viticole indépendant ,

 -           Dégustation des vins bretons sous la direction de Pierre Guigui directeur adjoint vins du Gault&Millau

-           Le repas – servi par un traiteur - à la salle polyvalente du Braden

-           Vers 15 h : visite de la vigne Coteau du Braden avec les commentaires d’Emmanuel Monteau et visite du chai

-           Retour à la salle polyvalente

 

 

 

KEN AR WECH-ALL NEUZE ?

 

A BIENTOT ALORS ?

Par ARVB
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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 19:54

Chers amies et amis, chers membres de l'A.R.V.B.,

 

nous vous convions au rendez-vous annuel de l'association qui aura lieu le samedi 17 Avril 2010 à partir de 9h30 dans la salle municipale de Cléguérec (56480) près de Pontivy

 

Les Vignerons de Bretagne à Cléguérec

 

Ils sont plus d’une centaine sur les cinq départements bretons, particuliers ou associations, à cultiver en amateurs quelques plants de vignes.

L’Association pour le renouveau des vins bretons dans les clos et jardins de Bretagne organise cette année sa grande rencontre annuelle le samedi 17 avril à Cléguérec près de Pontivy.

Cette journée ouverte au public, riche d’informations et d’échanges, sera ponctuée par des conférences, des dégustations et la plantation de ceps par la municipalité de Cléguérec.

Renseignements: :  www.vigneronsbretons.over-blog.net

Tel 06 08 88 50 13

Par ARVB j-m kerboeuf - Publié dans : info de dernière minute
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 12:21

Compte-rendu de la réunion de l’Association du Renouveau des Vins Bretons du :

18 AVRIL 2009 au Mont Dol en  Ile et Vilaine

 

La commune de Quimper a obtenu le droit de planter des vignes sur une surface de 20 ares, quelque soit le nombre de pieds, à condition de respecter le choix des cépages autorisés par la France.

Le but de l’ARVB est d’obtenir, à l’instar des vignobles d'île de France, une dérogation de plantation : pour cela nous revendiquons les mêmes objectifs qu’eux, c’est-à-dire : des vignes à vocations pédagogiques, culturelles, touristiques et historiques. De la même façon, l’ARVB s’engage à ne pas vendre son vin.

L’autorisation de l’implantation de la vigne de Quimper, montre qu’il est donc possible de planter des vignes dans toutes les communes de Bretagne.

Concernant l’Ile de France, il y a environ 160 vignes en région parisienne. Les oenologues de Paris travaillent dans les vignes franciliennes, et  l'année dernière ils ont organisé un symposium à Montmartre pour les  petits vignerons.

Les « vins associatifs » ne doivent pas êtres vendus. Transgresser cet interdit pourrait conduire à l’interdiction pure et simple de cette viticulture. En revanche, avec un système de confrérie, il est possible de donner une bouteille de vin contre l'achat d'un porte-clefs ou d'un tablier.

Il est aussi envisageable de faire les vins d'honneur des communes où seraient servies les productions locales et de vendre le vin au verre mais pas à la bouteille. 

Le vignoble Breton commence à être connu au-delà de la Bretagne puisque Thalassa a parlé  vignoble au bord de la Rance.

Concernant la nouvelle législation européenne viticole à  partir de 2012 il sera plus facile de planter des vignes un peu partout. Les textes semblent aller dans le sens d’une législation précise avec des interprétations selon les pays.

 Jean Donnio nous informe qu’il lui à été demandé une déclaration de production. Cette requête, qui arrive à la suite de l’épisode regrettable de la demande d’arrachage de ses vignes par un fonctionnaire zélé, peut constituer une brèche et faire jurisprudence pour les autres vignerons. 

Pour rappel : Les vignes de Jean Donnio comptent 600 pieds de Maréchal Foch, plantés en 1990 à partir de boutures d’hybrides autorisés et mis en pépinière dès 87.  À ce moment, la DDA de St Brieuc donne verbalement son autorisation.

En 2007 Jean Donnio, étant amené à intervenir publiquement et faisant l’objet de nombreux articles de presse,  redemande une autorisation. Elle lui est refusée et est accompagnée d’une demande d’arrachage. Jean Donnio arrache alors 100 pieds. Mais l’administration revient sur cette décision : pas d’arrachage mais obligation de distiller le vin obtenu à ses frais.

L’après-midi visite de la vigne de St Suliac (1200 pieds de Chenin qui ont produit 300 litres en 2007), et plantations de vignes dans la commune du Mont Dol

 

Élection :

 

Conseil a d'administration :

Guillemette Trémaudan

Daniel Le grand. (Les mordus de La pomme)

Gilles Du Pontavice.

Pierre Collorec

Guy  Caro membre d honneur.

 

Bureau ARVB

Président :  Gérard  Alle.

Vice-président : Jean Michel kerboeuf.

Trésorier :Bernard Hommery.

Secrétaire : Laurence. Zigliara.

 

 

Par ARVB
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 18:39

Le vignoble de Rhuys

G. Saindrenan

 

La presqu’île de Rhuys fut une région viticole jusqu’au milieu du XXe siècle. L’arrivée de la vigne est difficilement datable faute d’archives en faisant mention avant le XIe siècle. En revanche, sa disparition qui s’apparente à une lente agonie de près d’un siècle, est plus facile à appréhender au travers des documents d’archives modernes.

 

A partir des données que nous avons collectées, l’histoire du vignoble de Rhuys peut se décrire chronologiquement en trois périodes de durées très inégales :

Ø Des origines, mal identifiées et mal connues mais qui pourraient se situer au VIe siècle avec l’arrivée de St Gildas (ce qui n’est pas avéré), jusque vers 1850 où l’oïdium s’abat sur le vignoble : pendant cette très longue période, on cultive de la vigne dans la presqu’île de Rhuys ; le Plant breton, cépage non identifié est mentionné au XIXe siècle, époque à partir de laquelle on commence à nommer les cépages dans les documents locaux. Le vin produit, de faible qualité, par des agriculteurs plus que des vignerons, est majoritairement consommé sur place et une partie (modeste sans doute) est commercialisée dans la région vannetaise. La superficie du vignoble augmente très fortement au cours de la première moitié du XIXe siècle, conformément à la tendance générale observée partout en France. Le vignoble couvre alors 1693 hectares en 1852 ; sa surface a été multipliée par plus de deux en moins de cinquante ans.

Ø Arrivé très vraisemblablement en 1852, l’oïdium provoque une forte régression de la surface de vigne cultivée. Bien que le traitement contre le parasite ait été rapidement disponible (le soufrage est préconisé par Marès en 1854), il semble bien que les vignerons ne l’aient pas beaucoup utilisé, sans doute pour des raisons économiques (coût du traitement en regard de la faible valeur marchande du vin).  En 1867, soit plus de dix ans après l’arrivée de l’oïdium, on ne recense plus que 150 hectares de vignes dans la presqu’île dont une majorité appartient à des « gros » vignerons, parfois nouveaux dans le métier. La reconstitution s’amorce cependant par la plantation de Gros-plant, cépage réputé moins sensible à l’oïdium que le Plant breton, par quelques précurseurs qui ont adopté ce cépage. Une activité de distillerie démarre en 1886, activité favorisée par la destruction du vignoble de Cognac par le phylloxéra et la disponibilité locale d’un cépage adapté à la distillation : le Gros-plant. Pour alimenter les distilleries, les plantations de Gros-plant se multiplient dans la presqu’île, autour du golfe du Morbihan et le long du littoral maritime jusqu’au-delà de l’embouchure de la Vilaine. La surface du vignoble atteint son apogée peu après 1890, avec 2064 hectares de vignes recensées dans le département du Morbihan et les plantations continuent.

 

Ø En 1903, le vignoble est officiellement touché par le phylloxéra. Aux effets funestes de l’insecte parasite viennent se conjuguer ceux de l’oïdium et du mildiou particulièrement présents et actifs lors des premières années du XXe siècle. Devant ce désastre, les vignerons paraissent résignés et le vignoble n’est pas reconstitué. C’est à cette époque qu’est mentionnée la culture du pommer comme substitut à la vigne. La première guerre mondiale éloigne les hommes des exploitations, beaucoup d’entre eux ne reviendront pas et, au sortir de la première guerre mondiale, le vignoble de Cognac a achevé sa reconstitution et retrouvé ses pleines capacité sde production, réduisant d’autant l’intérêt des consommateurs pour les eaux-de-vie de Rhuys et le déclin de l’activité de la distillerie. Les années vingt s’achèveront sur la crise économique mondiale et sur la disparition complète des distilleries qui ont fait la gloire et la fortune momentanées de Rhuys. Une reconstitution très partielle du vignoble s’opère à partir de 1925-1930 par la plantation d’hybrides producteurs directs d’origine américaine (tel le Noah) ou française (tout particulièrement l’Oberlin). Ce choix s’avérera désastreux  pour la viticulture locale puisque ces cépages seront progressivement interdits à partir de 1934, condamnant le vignoble à la disparition, ce qui deviendra effectif autour de 1960. Dans un ouvrage paru à cette époque, Curnonsky, prince élu des gastronomes et peu suspect d’ignarerie en matière de dégustation, écrit :

Toutefois la Bretagne produit encore quelques vins blancs, plus ou moins durs, dont l’un des plus connus, sans être le plus fameux, est le vin fou (ou vin sauvage) que l’on consomme sur place aux environs de Lorient, puis à Sarzeau près de Vannes. C’est du vin issu de la Folle Blanche, quand il n’est pas hélas !, extrait du Noah, à bouquet iodé, à saveur un peu astringente d’algues marines.

Tout est dit !...

 

 

L’aventure des eaux-de-vie a constitué l’âge d’or du vignoble ; il ne faut pas oublier pour autant qu’elle n’a duré que 40 ans environ ce qui est une période très courte de l’histoire du vignoble et qu’elle est née de l’infortune du vignoble de Cognac ; pourtant c’est cette seule période que la mémoire locale a retenue, de manière presque exclusive, de l’histoire de son vignoble. En atteste cet extrait d’un court article consacré à l’agriculture rhuysienne par un auteur local :

Il faut bien sûr parler de la culture de la vigne même s’il s’est agi d’un épiphénomène…. !

Il consacre moins de 10 lignes à la viticulture dans un article de quelques pages qui traite de l’agriculture en général. Mais l’épiphénomène fut aussi une époque de gloire, celle au cours de laquelle s’affichait le nom de Rhuys sur les étiquettes des bouteilles d’eaux-de-vie. Il n’est d’ailleurs pas sûr qu’avant ou après cette période, des bouteilles contenant du vin de Rhuys n’aient jamais été étiquetées…

S’il ne se fait plus de vin à Rhuys aujourd’hui, s’agissant de la vigne, on trouve encore quelques ceps d’hybrides (Noah essentiellement) que des particuliers ont conservés et cultivent dans leur jardin établi parfois sur une ancienne parcelle de vigne, comme le témoignage d’un passé pourtant proche ; en revanche, la vigne est peu présente dans des paysages moins artificialisés que les lotissements, contrairement à ce que l’on observe à Guérande où on la rencontre fréquemment à l’état sauvage sur des talus, dans des parcelles délaissées ou dans d’anciens clos. Rhuys semble avoir fait le ménage dans ses paysages et dans sa mémoire : la vigne à l’état sauvage, en 2008, il faut la chercher (voir Figure 3 ) et, à ce jour, rien ne laisse deviner la moindre velléité de reconstituer une parcelle viticole dans la presqu’île.

 

D’autres faits peuvent être interprétés comme marqueurs du peu d’importance que les agriculteurs de la presqu’île ont attaché à la vigne qu’ils cultivaient pourtant depuis longtemps :

Ø  L’absence de l’utilisation du mot clos pour désigner les parcelles de vigne dans les textes d’archives. Alors que, un peu partout en France et tout près de Rhuys, à Guérande, ce mot est utilisé très fréquemment dans le vocabulaire viticole (bien qu’il ne soit pas réservé à l’usage exclusif de la viticulture), il n’apparaît pratiquement jamais dans les textes relatifs à la vigne dans la presqu’île de Rhuys. Dans les annonces de vente de biens publiées dans la presse locale du XIXe siècle, quand le mot clos apparaît (ce qui est plutôt rare), il désigne une parcelle agricole quelconque qui doit sans doute être close de murs (à moins qu’elles ne l’aient été et aient gardé la dénomination de clos, les annonces ne le précisent pas) ; a contrario, les parcelles plantées en vigne sont désignées par le vocable vigne (voir Figure 2 ), ce qui veut dire aussi qu’elle ne sont pas closes comme en témoigne cette introduction à un jugement du XVIIIe siècle à l’issue duquel un chien fut condamné :

Le 20 septembre 1752, Pierre le Guel de Thumiac se plaint à la cour qu’ayant une vigne, au bout de son jardin, situé au village de Thumiac, journellement il voit le chien de Guillaume Causic y aller manger tout ce qu’il peut y avoir de raisins.

Il y a donc tout lieu de penser que la vigne était généralement cultivée sur des parcelles ouvertes, au même titre que n’importe quelle autre culture, alors qu’ailleurs les parcelles de vigne étaient très souvent cultivées dans des clos, tant en raison de la richesse qu’elles constituaient, richesse qu’il fallait protéger du chapardage ou des vols, que du bénéfice que les murs apportaient à la culture de la vigne en la protégeant du vent et en favorisant le murissement du raisin qui bénéficiait ainsi de la chaleur emmagasinées au cours de la journée par les pierres constitutives du mur. 

 

 

Ø  Alors que la seconde moitié du XIXe siècle a été une période au cours de laquelle la vigne a subi des agressions qui l’ont parfois anéantie dans toutes les régions de France, pour ce qui concerne Rhuys, la consultation de la presse de l’époque ne relate pas ces évènements, sauf pour l’apparition du phylloxéra. Ainsi, l’arrivée de l’oïdium et du mildiou ne sont pas datables précisément faute de trouver dans la presse locale mention de cette information. Les archives administratives ne sont d’ailleurs pas plus loquaces puisque l’oïdium n’y apparaît nulle part. Force est de croire que, localement, l’évènement ne revêtait pas beaucoup d’importance. S’agissant du mildiou, la situation est similaire : relatant dans un journal local une session du comice agricole du canton de Sarzeau, le chroniqueur local mentionne que le président du comice signale à son auditoire l’existence d’un nouveau parasite de la vigne, mais nulle trace de son arrivée effective sur le vignoble…

Ø Alors qu’aujourd’hui, un peu partout en Bretagne, de petites parcelles sont plantées ou  replantées en vigne à l’initiative d’amateurs individuels ou d’associations, y compris dans des régions où elle n’a peut-être jamais été présente en tant que matière première pour faire du vin, Rhuys semble rester à l’écart de ce courant… Il est vrai que les loisirs associés à la mer constituent aujourd’hui une source de rapport financier infiniment plus intéressante pour la presqu’île et moins contraignante que la vigne et que ces activités sont sans doute moins sensibles aux aléas climatiques que ne l’est la vigne.

 




Curnonsky, Recettes des provinces de France, Les productions de Paris, Paris, 1962, tome 1, p. 105.

A. Huguen, L’agriculture en pays de Rhuys, Bull. de L’université tous âges de Vannes et sa région, N° 24, février 1994, AD56 : EB 483, 1994.

A.D. 56 : B 4655.

Par ARVB - Publié dans : histoire
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Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /Juin /2009 09:54

Elle survivait depuis plusieurs siècles dans un taillis, abandonnée et oubliée de tous, sur les rives de la Rance. Alors qu’on s’attendait à la trouver dans le sud-ouest de la France, les recherches avaient été abandonnées depuis longtemps…Entre-temps, le bambin avait grandi, il avait fait carrière et ne se souciait plus de savoir où se trouvait sa génitrice.

Tels auraient pu être le tire et le chapeau d’un article de votre quotidien préféré pour narrer cette histoire invraisemblable !

Elle commence en 1996, avec la découverte d’un vieux cep de vigne à l’intérieur d’un taillis inextricable quelque part à St Suliac, sur les bords de la Rance[1]. Là où beaucoup n’auraient même pas vu la plante, d’autres un peu plus attentifs auraient noté sa présence incongrue ; deux hommes encore plus curieux et surtout, informé de l’existence de la vigne sur le secteur en des temps reculés, prélevèrent un rameau et le confièrent à un laboratoire de l’INRA de Montpellier, spécialisé dans l’identification des cépages. Jean-Yves Hugues et François-Xavier Perrin sont membres de l’association qui a reconstitué une vigne sur le site du Mont Garot. Après une analyse génétique, le laboratoire constata que le cépage était une variété de vigne cultivée et qu’elle n’était pas présente dans ses collections. Le cépage en question était donc inconnu.

Quelques années passent et, à la faveur de missions d’explorations des vignobles de France, menées entre 2004 et 2007 par le Conservatoire du Vignoble Charentais et l’Institut Rural d’Education et d’Orientation des Charentes visant à répertorier de manière rigoureuse le patrimoine viticole de cette région, 4 plants présentant la même signature génétique que celui de St-Suliac sont découverts sur le territoire des communes de Mainxe, Figers, Tanzac et Saint-Savinien. Dans tous les cas, il s’agit de treilles installées sur la façade de maisons situées dans le vignoble de Cognac, fournissant un raisin noir consommé comme raisin de table. Localement, on l’appelle la Madeleine en raison de son époque de maturité : autour du 22 juillet, fête de Sainte Madeleine. Mais Madeleine est un nom courant en ampélographie puisque 6 cépages, tous blancs, portent déjà ce prénom qui est inclus dans leur dénomination et pour la même raison qu’en Charente, la précocité de leur maturité[2]. Pour la différencier des autres variétés, celle-là s’appellera donc la Magdeleine noire des Charentes, puisqu’il s’agit en effet d’un cépage noir.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, elle n’aurait déjà pas été triviale puisque, dans une région aussi peu viticole que l’est actuellement la Bretagne septentrionale, on y a trouvé un cépage inconnu des scientifiques et que, des découvertes ultérieures établissaient un lien entre la Saintonge viticole et la Bretagne viticole, mais une zone de la Bretagne viticole qui ne cultivait plus la vigne depuis au moins 2 siècles !

L’histoire s’est poursuivie de la manière suivante : Dans un travail mené en coopération avec l’université de Californie, les chercheurs de l’INRA de Montpellier ont établi que la Magdeleine noire des Charentes est l’un des parents du Merlot, le plus bourguignon des cépages bordelais[3], le cépage-roi de Petrus, dont on ignorait l’ascendance. Ce cépage qui a conquis le monde puisqu’il est l’un des plus répandus sur le globe, n’est donc plus considéré comme orphelin ; il descend du cabernet franc qui en était le père, mais on ignorait qui était la mère. La filiation est maintenant établie : Merlot est un petit du cabernet franc et de la Magdeleine noire des Charentes.

Mais au-delà de la narration stricte, plusieurs questions se posent. Si l’on admet que la région d’origine de la Madeleine noire des Charentes est bien la Saintonge, pourquoi retrouve-t-on un plant de ce cépage, manifestement fort ancien et âgé, à Saint-Suliac ? Bien sûr, les échanges commerciaux du port de Saint-Malo tout proche ouvrent des pistes de recherches, il suffit maintenant de les entreprendre !...

Autre interrogation : alors que tout laisse à penser que les cépages implantés dans le val de Rance, cépages sur lesquels on dispose de bien peu de données, fournissaient des raisins blancs issus de cépages blancs comme c’était le cas de la partie la plus septentrionale de la France, voilà qu’en ce début de XXIe siècle, on trouve trace d’un cépage noir !…Le lieu de sa découverte exclut totalement qu’il ait pu être élevé en treille contre le mur d’une maison, comme en Saintonge et l’extrême proximité avec d’anciennes parcelles de vigne évoque plutôt la culture d’un cépage de cuve.

Une autre question vient spontanément à l’esprit : quel est l’âge de ce cep ? Dans l’état actuel des connaissances, les chercheurs en biologie végétale ne peuvent pas répondre à cette question. La vigne est une liane sur laquelle on ne peut pas effectuer d’analyse chronodendrologique comme sur un arbre (on compte les cernes de croissance sur une coupe). Une datation au radiocarbone ne serait pas pertinente non plus car rien ne prouve que le plant actuel ne soit pas un rejet d’un plant plus ancien ; la vigne est une plante vivace dont la capacité à survivre dépasse sans doute l’âge du plant actuel. La réponse, si elle existe, est plus sûrement dans les archives des divers fonds patrimoniaux publics ou privés.

Au plan strictement ampélographique, on peut aussi s’étonner que l’un des parents du merlot, cépage de cuve et non des moins prestigieux, s’apparente à un cépage de table à en juger par les premières informations. C’est méconnaître la logique de la génétique dont les lois ne sont pas celle du simple bon sens populaire. Que l’on songe, pour s’en persuader, qu’un autre cépage qui a fait une carrière internationale, le chardonnay, est issu du croisement du pinot noir et du gouais, ce dernier n’est plus cultivé et pour cause ! Très productif, il donnait en abondance des vins blancs auquel il est difficile de trouver une qualité autre que sa prodigalité. Il demeure qu’il a engendré le chardonnay et d’autres cépages nobles qui, comme pour l’espèce humaine, descendent tous des roturiers.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des détails, je crois utile de souligner qu’à l’origine du travail scientifique qui a permis aux chercheurs de l’I.N.R.A. de Montpellier d’identifier l’un des parents du merlot, il y a la découverte d’un plant de vigne, incongru par son implantation, faite par un adhérent de l’Association pour le renouveau des vins bretons. Ce travail qui a été publié dans une revue de viticulture anglo-saxonne[4], mentionne l’origine de la découverte du cépage. Les services de l’état (l’I.N.R.A. est un établissement public) ont donc tiré bénéfice de l’existence de l’association et il serait sain et équitable que les pouvoirs publics lui reconnaissent une fonction culturelle et n’y voient plus seulement un nid de fraudeurs plantant de la vigne au mépris des lois et règlements.

Guy Saindrenan


 



[1] Contrairement à ce que pensait l’inventeur, il ne s’agit pas d’une lambrusque, ce mot désignant une vigne sauvage. Il s’agit d’un cep d’une variété de vigne cultivée.

[2] Madeleine angevine, Madeleine Angevine Oberlin, Madeleine royale, Madeleine Céline, Madeleine de Clermont, Madeleine Salomon.

[3] En accord avec Anne Sylvestre, je proclame volontiers :

Que Bordeaux me pardonne,

j’appartiens au Bourgogne,

en lui cuve mon cœur…

[4] J.M. Boursicot, T. Lacombe, V. Laucou, S. Julliard, F.X. Perrin, N. Lanier, D. Legrand, C. Meredith, P. This, Parentage of merlot and related winegrape cultivars of southwestern France : discovery of the missing link, Australian Journal of grape and wine research, 2008, p. 1.

Par ARVB - Publié dans : histoire
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