L'utilisation du cuivre en viticulture

Publié le par Pierre GUIGUI

UTILISATION DU CUIVRE EN VITICULTURE : IMPACT SUR LES SOLS
ET RECHERCHE DE MÉTHODES DE RÉDUCTION DES DOSES
ET D’ALTERNATIVES A SON UTILISATION
(Dossier n°02/21-AB : Raisonnement de l’usage du cuivre en AB)

ICTA pilote : ITAB
ICTA associés : ITV, CTIFL
Partenaires : INRA Bordeaux, Dijon, Avignon
Responsable de l’étude : Monique JONIS – ITAB

Article dans sa totalité : http://www.acta.asso.fr/cr/cr0221.htm

Proposition de réflexion Pierre GUIGUI

OBJECTIFS
Ce programme a été élaboré grâce à l’association des compétences de l’INRA et de plusieurs ICTA, sur une problématique commune à plusieurs espèces (vigne, pêcher, pommier, tomate) : l’usage du cuivre et ses conséquences en agriculture biologique. Il a pour objectif de proposer des réponses à court et moyen terme, sur deux plans différents. Un plan réglementaire avec une obligation de réduction des apports de cuivre métal à 6 kg/ha/an à brève échéance et un plan environnemental : il paraît en effet difficile à une agriculture qui se veut écologique et durable de maintenir l’usage de produits dont on connaît à terme la nocivité sur les sols et sur la vie qui s’y développe.

Au vu de l’importance prépondérante du cuivre pour la maîtrise d’un très grand nombre de pathogènes (très large spectre d’action) en agriculture biologique, trois types d’approches du problème sont proposés dans ce programme :
- la première concerne les sols et les moyens d’évaluer et de maîtriser les impacts non intentionnels du cuivre sur la biocénose ;
- la seconde vise à optimiser les produits et techniques actuellement utilisés afin de réduire les doses apportées 
- la dernière approche est plus prospective puisqu’elle a pour but d’identifier des produits ou des techniques alternatifs à l’usage du cuivre

 

MOTIVATIONS
Le cuivre est un fongicide très largement utilisé en agriculture biologique (c’est un des rares a être autorisé avec le soufre) pour lutter contre de très nombreux agents pathogènes, cependant en raison de son accumulation dans les couches superficielles du sol, il présente, à long terme, une toxicité pour les micro-organismes du sol. En raison d’un durcissement de la réglementation concernant son usage (limitation à 6 kg/ha/an en 2006), la protection des cultures biologiques contre les pathogènes risque de devenir rapidement très problématique. La recherche d’alternative au cuivre est donc une des priorités de la recherche en agriculture biologique.

Mildiou de la vigne : réduire les doses en optimisant les apports. Etude de la lessivabilité des produits cupriques.
Les conditions météorologiques n’ont pas été favorables en 2002 au développement du mildiou pour le bonheur des producteurs mais pas celui des expérimentateurs ! L’essai a donc été renouvelé en 2003 dans des conditions plus précoces d’inoculation et de développement de la maladie. En effet, le maintien des plants en pots pendant toute la saison estivale a favorisé un vieillissement des feuilles qui ont été moins réceptives au mildiou durant l’automne, peu de jeunes feuilles s’étant développées pendant l’été. Toutefois, ce premier essai a permis quand même de mettre en évidence que de faibles doses de cuivre ne sont pas entièrement lessivées après 13 mm de pluie.

Résultats 2003
Le cumul de pluie reste le principal facteur explicatif du lessivage des produits cupriques étudiés (Héliocuivre et BB RSR Dispers) et donc le seul critère de renouvellement ou non d’une protection cuprique.
Les autres critères étudiés, répartition des pluies pour un même cumul, intensité de la pluie ou délai entre traitement et pluie se révèlent sans effet sur le lessivage.
A dose égale l’Héliocuivre est, légèrement, plus résistant au lessivage que la BB RSR Dispers.
Les 5 premiers mm de pluie sont ceux générant le plus de pertes, le taux de lessivage diminuant très rapidement au-delà. Environ 40% de la dose initiale restent non lessivables y compris après 50 mm de pluie.
La perte de cuivre est de nature hyperbolique. La majeure partie du cuivre étant trop rapidement solubilisée, la mise au point de formulations libérant beaucoup plus progressivement le cuivre est à privilégier.
La modélisation du lessivage de l’Héliocuivre permet de penser que le seuil de renouvellement est de 15 à 20 mm pour la dose de 1.5 l/ha mais l’absence de mildiou en 2003 n’a pas permis une validation dans la pratique.
Les résultats obtenus, semblent suivre un gradient conditionné par la dose de renouvellement. Ainsi, quelle que soit la dose initiale, elle n’a plus d’effet après les lessivages.
Il est possible de réduire la dose de traitement initial tout en conservant une bonne efficacité, à condition que le traitement de renouvellement soit bien concentré.
Ainsi, la concentration 400/400 est aussi efficace que la 600/600, tout en réduisant de 400 g par traitements le cuivre apporté dans l’environnement. Sur une année moyenne (sur une base de 6 traitements), cela représente quand même plus de deux kg de cuivre par hectare d’économisés.
Sur une année de pression moyenne, où 6 traitements sont suffisants, cela permet de respecter la réglementation (4 800 g < 6 000 g), alors que des apports 600/600 n’y parviennent pas (7 200 g > 6 000 g).
En outre, on s’aperçoit qu’ici, même le traitement de référence n’assure pas une protection optimale. Ceci est dû à la très forte pression entretenue dans les conditions de l’essai, et qu’on a très peu de chances de retrouver en conditions naturelles de culture.

 

 

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